" Afin de mieux comprendre le jeu de la seule et pure conscience, faisons une expérience, sortons un soir de notre maison pour voir la lune. Avec quelle rapidité la pure conscience rejoint la lune! En une fraction de seconde elle embrasse le ciel tout entier! Le mental a t-il cette rapidité ? Comment pourrait-il puisque c'est à l'aide de cette conscience qu'il se meut ! Là où va le mental, la conscience est d'abord présente. Ainsi on ne peut s'étonner que le mouvement du mental soit bloqué au sein de cette conscience. Il suffit d'ouvrir les yeux et la conscience/connaissance embrasse le ciel tout entier, le rayonnement des étoiles et la sphère de la lune!
Plutôt que de dire que la conscience infiltre le tout, mieux vaudrait dire que le tout a déjà été infiltré mais qu'il n'a été expérimenté qu'ensuite. Lorsque la conscience va de l'oeil à la lune et la reconnaît comme étant la lune, il s'agit de la conscience/connaissance objective. Dans cet exemple la lune est l'objet et la conscience prend cette forme dès qu'elle la reconnaît en tant que lune. Si un nuage passe devant la lune la conscience prend la forme du nuage et l'objet visualisé est le nuage, ainsi elle embrasse le nuage et le reconnaît comme objet."
« Seule la lumière du Cœur existe et elle est l'agent de l'activité créatrice. Établie en elle-même, son activité est prise de conscience de soi et, s'ébranlant, elle est le déploiement de l'univers. »
Mahârthamanjarî de Maheshvarânanda Cachemire, XIIe siècle
Vous êtes-vous déjà demandé quel est le connaisseur de vous-même ?
Voyez comme cette question amène un retournement du regard vers lui-même. L'habitude de chercher au loin l'idéal rêvé est ainsi remplacée par une quête au plus près de ce qui est véritablement désiré. Le doigt pointé vers le ciel se retourne vers le coeur. Le Dieu lointain, inaccessible et hautain, devient si proche, que nulle distance ne nous en sépare.
Si nous considérons le connaisseur indépendamment du connu, il se révèle comme pur témoin. Quand connaissance et connaisseur ne font qu'un, il n'y a plus de place pour un témoin.
"De même, la vie des êtres n'a que la durée d'une pensée : l'être du moment passé a vécu, mais ne vit pas et ne vivra pas; l'être du moment futur vivra, mais ne vit pas et n'a pas vécu; l'être du moment présent vit, mais n'a pas vécu et ne vivra pas"
" Nos Pensées sont comme un doigt qui pointe le ciel , mais qui n'a pas la possibilité de le toucher . Seul le ciel connait le ciel . Aussi , il nous faut passer de la pensée à l'espace meme de la pensée , se situer dans l'origine qui précède tout pensée . "
La Conscience est égale à la présence . Est-ce la meme chose ?
Oui , quand nous sommes " présence à la présence " , on se sait présence , on se sait conscience . Il n'ya que vision , audition , dans le fait de voir , d'entendre .
Lorsque Vous dites " Je Suis " , le " Je " ne correspond pas à un objet , il est ce que vous etes , il est conscience . Cela , vous l'etes depuis toujours , seulement , sachez-le sciemment . Vivez-le .
Le Pronom " Je " dans " Je suis " est , par exellence , une pensée sans penser qui nous dirige vers notre véritable nature. Si nous ne l'employons pas avec : " Je suis ceci , ou je ne suis pas cela " , il est vécu comme une intuition instantanée , une aperception , notre vrais demeure. Nous sommes alors dans notre absence en tant que personne , et si nous la vivons en tant que présence , nous somme présents dans notre absence . c'est un continuum ....
Voyez donc par vous-même si vous apparaissez dans votre corps ou dans votre mental,
ou si au contraire ils apparaissent en vous.
En fait toutes choses apparaissent d'elles-mêmes dans la conscience qui est toujours dans une ouverture totale.
La conscience ne dit jamais "je veux ceci" ou "je ne veux pas cela". Elle ne dit rien parce qu'elle accueille en permanence tout ce qui se présente en son champ.
Quand vous dites "je veux ceci" ou "je ne veux pas cela", ce n'est pas la conscience qui parle, c'est simplement une pensée surgissant en son sein. Ensuite vous dites "je n'étais pas ouvert", et c'est l'irruption d'une nouvelle pensée.
L'arrière-plan de toute cette agitation mentale est la conscience toujours ouverte, toujours accueillante.
Du moment que vous êtes vivant, vous êtes ouvert. L'ouverture est votre nature.
C'est pourquoi il est si agréable de s'y trouver; on s'y sent chez soi, à l'aise, naturel.
Vous n'avez rien à faire pour vous trouver dans l'ouverture, si ce n'est comprendre qu'elle est votre nature réelle, que vous y êtes déjà.
Dès que vous établissez votre demeure dans la conscience-témoin, l'agitation mondaine n'a plus de prise sur vous.
Vous comprenez le processus dans son ensemble et par là même vous y échappez.Vous faites un saut dans une autre dimension.
Familiarisez-vous avec elle. Voyez-en l'impact sur votre psychisme et votre corps.
Peut-être mes paroles vous semblent-elles pour le moment de simples concepts, mais le jour viendra où elles se dissoudront en vous, devenant compréhension vivante. Alors la question de savoir comment méditer, comment être ouvert, ou comment être heureux ne se posera plus parce que vous êtes déjà méditation, ouverture et bonheur.
Rencontre Témoignage avec Jean Bouchart D'orval Jeudi 29 Octobre à 19h15 à la Salle Gabriel Delanne
La fameuse crise qui affecte notre monde n’est pas de nature autre que spirituelle et elle ne peut connaître son dénouement de la manière proposée par les économistes, les politiciens et les journalistes… Dès l’origine, la trame de nos vies s’est tissée à partir du ravissement étonné, véritable parfum de l’existence. Au fil des événements traumatiques quelque chose en nous s’est noué, cristallisé. Ce qui était jeu et pure joie est devenu souvent travail et lourdeur. Or, toute velléité de résoudre une situation objective afin de retrouver la paix ne fait que resserrer les nœuds. Nous avons perdu de vue que dans les nœuds de la vie il n’y a rien d’autre que la vie, la Lumière consciente. Prendre conscience de cela amorce le seul vrai dénouement.
Salle Gabriel Delanne 22 rue Paulin Méry 75013 Paris Métro : Place d’Italie Sortir du côté du Boulevard Blanqui prendre la rue Bobillot 2ème rue à droite.
Jean Bouchart d'Orval nous invite à une exploration fondée sur le pressentiment de la joie sans cause et son actualisation dans la vie. Il ne se réclame d'aucune école en particulier, mais sa pensée est modulée par l’intuition de la non-dualité.
Jean est né à Montréal en 1948. Après le cours classique chez les Sulpiciens, il a complété des études en physique et en génie nucléaire à l'Université de Montréal. Pendant tout ce temps, il se posait des questions plus fondamentales que celles auxquelles la science et même la pensée peuvent répondre. Cet intense questionnement l'a mené vers une approche méditative de la vie et une désimagination de la réalité. Après de nombreux séjours dans l’Himalaya, c’est en Occident qu’il a vraiment approfondi sa démarche.
Selon lui, il existe une façon simple de se tourner vers le Simple. L'accent n'est donc pas mis sur l'apprentissage de techniques, sur ce qui se réfère à un devenir, ni sur tout ce qui nous fait dormir et rêver davantage. Toute démarche qui propose de s’intéresser à autre chose que ce qui est là présentement dans sa vie est un ajournement. Il n'y a qu'à porter un regard honnête et persistant sur ce qui est là dans l'instant même et ce regard se retrouve bientôt saisi par le vent de la silencieuse paix. Dépouillée de nos histoires, qui se réfèrent toutes à ce que nous ne sommes pas, c’est-à-dire à une image, à un quelconque soi-même, la réalité apparaît telle qu’elle est : profondément joyeuse.
C’est au moment où nous demeurons sans programme et n’entretenons plus d’opinions sur ce que nous percevons et faisons qu'une joie sans compromis commence à vraiment donner le ton: comment nous sommes se met à refléter ce que nous sommes. La vie phénoménale n’est alors plus que ce qu’elle a toujours été au fond: une actualisation des possibilités de la joie.
L'irruption de la lumière dans notre vie ne peut être le résultat d’une stratégie délibérée, qui ne serait qu’une autre forme d'encombrement, de prétention et d’agitation pour perpétuer ce que nous ne sommes pas. Toute velléité de devenir quoi que ce soit, y compris quelqu’un de libre, ne fait qu’ajouter des raffinements de misère à notre vie. Rien à atteindre, rien à devenir, aucun obstacle à vaincre, seulement des occasions de beauté. Ni idéal à suivre, ni comportement à adopter, ni technique à pratiquer, ni leader à imiter, ni organisation à laquelle se joindre afin de devenir « éveillé » ou « réalisé ». Dieu nous garde de cette indigence spirituelle ! Quel chemin emprunter pour aller de chez soi à chez soi ? Quelle technique pourrait nous emmener à l’étonnement ?
Seul un regard humble et honnête peut nous sauver de la bêtise et de la souffrance que nous nous infligeons nous-même. Rien n'est le contraire de la joie et de la tranquillité profondes : à partir de cette évidence, aucun des changements de la vie n'est problématique. Dans cette éclaircie, les énergies jusque là gaspillées se libèrent : nous vivons alors avec passion, mais sans calculs inquiets.
On peut rencontrer Jean Bouchart d'Orval lors d’entretiens, de séminaires ou de rencontres individuelles tant au Québec qu'en Europe. Ces rencontres ne visent à convaincre personne ni à prouver quoi que ce soit, mais plutôt à vivre avec la fenêtre ouverte.
La méditation est le plus souvent associée à une méthode ou une pratique de relaxation : relâchement des tensions corporelles, relaxation de l'esprit, " oubli de soi ", ... Si une réelle détente découle de la méditation, ce n'en est ni le moyen ni la fin.
À l'unanimité des voies spirituelles, la méditation, comme nous l'avions présentée lors d'un précédent numéro*, n'a pas pour vocation d'être une technique de plus au service de l'ego. Elle découle de la connaissance de soi, grâce à la lucidité ou la vigilance intérieures, qui est une attention libre de toute intention. Enoncée ainsi, l'approche peut paraître inaccessible, elle est surtout fondamentale car elle implique une observation honnête de nous-même... Au point même de ne pas savoir, ou de ne plus savoir comment faire ou comment s'y prendre ! Ce dernier point étant, le plus souvent, la clef d'un "éveil", d'un "satori" ou d'une "grâce". Car la méditation, qui est au cœur de la vie éveillée, est bien plus simple autant que bien plus extraordinaire qu'une méthode accompagnée de ses recettes.
* 3e millénaire n° 67, "Prière et Méditation, vers un sens de la profondeur au-delà des techniques", épuisé depuis plusieurs années, devient disponible en format pdf, à partir du site internet : revue3emillenaire.com
Les yeux voient , les oreilles entendent . Les organes fonctionnent. Il n'ya ni intériorisation , ni concentration , ni introversion , ni retrait des sens.
Ne cedez pas à ces veilles habitudes de retrait. Entrez dans une expansion non-orienté , dans l'espace sans espace. Ce n'est pas nirvikalpa samadhi ( qui est encore une forme tres subtil de relation sujet/objet ). Ce n'est pas savikalpa samadhi ( perception directe ) .
C'est Sahaja. Savikalpa est perception et nirvikalpa est conception .
Sahaja est le non-état naturel ou Toute activité est au sein de l'etre.
S'éveiller, c'est chercher l'esprit et voir qu'il n'a rien de substantiel. Si je me pose la question : "Qu'est-ce que je suis?" , je suis conduit à chercher mon esprit. Mais où est-il ? Quelle est sa couleur ? Quelle est sa forme ? D'où viennent les pensées ? Où retournent-elles? En général, on ne se pose jamais ces questions parce qu'on pense connaitre déjà la réponse.
Mais si j'ose enfin être sérieux sur moi et ma vie, je dois me demander ce que je suis; et alors je regarde mon esprit; je me regarde.
Et je ne vois rien.
Ce qui se découvre alors c'est une ouverture de conscience, vaste comme l'espace, transparente comme le cristal et fraiche comme une eau de source.
Ce qui est vraiment très surprenant et si joyeux!
C'est comme prendre une douche de vide et disparaitre.
Un instant avant vous êtes là, puis vous n'êtes plus là.
Ce qui me rappelle une histoire zen (je cite de mémoire) : "le moine vient voir le maitre et lui dit: -Maitre apaise mon esprit. Le maitre : Peux-tu me montrer ton esprit pour que je l'apaise? Le moine : je ne peux te le montrer. Le maitre : Vois, je t'ai apaisé."
Il cherche avidement le bonheur et la joie, se saisit d'objets multiples, s'en réjouit pour un temps, et retourne inexorablement au sentiment de manque qui l'étreint.
Cette course effrénée l'amène à explorer le nord, le sud, l'ouest, l'est, le haut et le bas.
Le constat amer est toujours le même : le bonheur ressenti ne dure pas.
Où peut donc bien se situer le bonheur durable ?
Accablé par le désespoir, sa main contractée n'ayant plus rien à saisir relâche sa prise.
Dans cet abandon par dépit, une fois la souffrance extrême atténuée, un doux vent de tranquillité vient à lui : un parfum bien connu, qui comble le manque et adoucit la peine.
Étonné de voir qu'en ne faisant rien, cela lui était offert, il commence à se retourner vers lui-même et à contempler la nature de ce qu'il est.
C'est ainsi qu'il réalise que rien n'est en dehors de lui, et qu'il est déjà complet, alors qu'il s'imaginait incomplet.
La joie vient à lui, et l'emplit de sa céleste musique.
"L'écoute est notre vraie nature. L'écoute est désencombrée, libre de toute mémoire. C'est un non-état. L'écoute est un continuum. Tout objet perçu vous ramène à votre vraie patrie, à l'écoute."
Celui qui ne désire que la vision de Dieu, rien d'autre, peut seul la découvrir, comprenez cela. Et la merveille des merveilles est qu'il atteint également la béatitude. Seule la scintillante conscience du Commencement participe à cette béatitude, car elle seule a la nostalgie de l'harmonie parfaite.
Ce que vous prenez pour une réalité est simplement un concept surgi de votre mémoire. La mémoire surgit de l'esprit, l'esprit du témoin, le témoin de votre vraie nature. Vous êtes le témoin, le spectateur placé sur la rive et regardant le fleuve couler. Vous ne bougez pas, vous êtes au delà du changement, au delà du temps et de l'espace. Vous ne pouvez percevoir ce qui est permanent parce que vous l'êtes.
N'alimentez pas les concepts dont vous avez fait vos fortifications ou l'image que les gens ont de vous. Ne soyez ni personne ni rien, contentez-vous de rester à l'écart de ce que la société vous demande. Ne jouez pas son jeu. Cela vous établira dans votre autonomie.
L'exemple, si souvent utilisé dans le Vedanta, du serpent et de la corde, d'un côté se réfère au monde et, de l'autre, à la réalité ultime. Le serpent représente le monde des objets où nous rencontrons les personnalités, les pensées, et l'affectivité. La corde symbolise la réalité ultime, le silence de la conscience. Une fois que nous cessons de prendre la corde pour le serpent, l'idée du serpent disparaît et nous voyons la corde pour ce qu'elle est réellement. Il est parfaitement naturel que l'erreur perde sa substance et se dissipe quand la vérité devient évidente. Étant donné qu'une pensée fait partie intégrante de l'illusion, il lui est impossible de nous révéler la réalité ultime. Le « fait-d'être », la toute présence, qui est la source de toute expérience, est au delà de la dualité expérimentateur/expérimenté. Quand l'accent se trouve sur la conscience et non sur la pensée ou sur la perception, nous entrons progressivement dans une détente profonde, à la fois sur le plan neuro-musculaire et sur le plan mental.
Si nous observons avec détachement l'apparition et la disparition de tous les états que nous expérimentons, nous parvenons bientôt à appréhender que chaque état, chaque perception, chaque pensée sont réabsorbés dans une connaissance informulée, une connaissance qui est l'être. Ce continuum, seule réalité, est là avant que ne commence l'activité. Immergez-vous dans cette tranquillité chaque fois qu'elle se fait sentir.
jean-klein
extrait de "La Conscience et le monde" ed.l'originel